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economie

  • Faisons donc sa fête à la science.

    Version 1: 6.10.2018

    màj 26.10.2018

    màj 7.11.2018

    Du 6 au 14 octobre 2018, c'était la fête de la science. On va donc lui faire.

    (si vous trouvez des échos avec de nombreux autres billets de ce blogue... c'est normal. :-)

    Il est assez facile de combattre les ennemis de la science que sont les religions avec leurs cadres idéologiques simplistes et leurs Vérités absolues, définitives, indiscutables et invérifiables.

    Comme si le fait d'avoir des ennemis puissants exonérait de se poser des questions sur elle. C'est ce genre d'approche qui permet aux pires idéologies de perdurer. Le combat contre l'Ennemi extérieur (si possible héréditaire) évite d'avoir à se poser des questions sur les problèmes internes, dont les questions de pouvoirs et de limites de l'idéologie ou en l'espèce de la méthode.

    Il est me semble-t-il assez mal vu - voire même totalement ignoré - d'approcher la technoscience de manière rationnellement critique, du moins hors des cercles spécialisés. Il suffit d'observer la manière particulièrement déférente avec laquelle les médias traitent toute nouvelle info techno-scientifique : c'est systématiquement le paradis à venir et il n'est question que des aspects positifs (et généralement potentiels, si tout va bien...) de la chose, ce qui ressemble diantrement à de la propagande, incompatible avec tout esprit critique... scientifique, justement. Le troupeau, présumé inculte est prié de dire merci aux Puits de savoir, et ça ira.

    Lorsqu'il s'agit d'évoquer la responsabilité de la technoscience dans les problèmes que nous rencontrons comme les pollutions, le changement climatique et autres accidents divers, il n'y a plus grand monde. On croirait les polluants venir de nulle part. Pire encore, on trouve le moyen de rendre les victimes responsables de leur sort: c'est leur génétique qui ne convient pas, par exemple...

    La technoscience n'est pas parfaite, autant au niveau de la méthode que de la mise en oeuvre technique et toute la propagande du monde n'y fera rien.

    • Définissons d'abord nos termes...

    "Réalité": ensemble d'éléments organisés à plusieurs niveaux, relations à l'intérieur des éléments, entre ces éléments et entre les niveaux, conditionnés par divers paramètres évoluant en fonction du Temps. La réalité est à la fois systèmes et changements.

    "Milieu": partie de la réalité indispensable à la survie biologique des espèces. On préfèrera ce terme à celui de "environnement" (nous mangeons, buvons, respirons cet "environnement").

    "Science": méthode d'acquisition de connaissances. Elle est à priori peu invasive, même s'il arrive parfois que la recherche de savoir ne soit pas du tout neutre pour l'entité étudiée.

    "Technique": mise en oeuvre de ces connaissance pour influer sur la réalité. Elle est très invasive par définition, et structurellement liée à la science.

    "Technoscience": système de relations étroites entre science et technique. Par exemple, on peut augmenter le savoir grace à l'utilisation de techniques elles mêmes conséquences d'un savoir antérieur.
    On remarquera que l'organisation même de la recherche imbrique science et techniques. On utilise la science afin de "résoudre un problème", et donc de trouver une technique.

    On va aborder maintenant les points principaux qui vont structurer l'approche critique.

    • Réductionnisme...

    La méthode scientifique est réductionniste. Pour "simplifier" la recherche, on extrait l'objet d'étude de son Milieu. Ce faisant, on supprime des relations possiblement très importantes. Le "toutes choses égales par ailleurs" du laboratoire est très discutable dans un monde structurellement systémique (cf définition de "réalité").

    • Spécialisation...

    Elle est organisée par spécialisation, enfermant le Savoir dans des quasi-chapelles. Cette structure empêche de véritablement évaluer les effets d'un objet technique sur notre Milieu (qui n'est pas spécialisé), sauf à effectuer des évaluations transdisciplinaires poussées, et donc chères...

    • Contexte...

    Elle ne peut pas échapper à la société humaine, qui l'influence dans le choix des objets d'études et dans les applications. Il faut avoir, soit des débouchés rentables à court terme (les OGM par exemple, au service des bénéfices d'actionnaires), soit des utilisations politiques précises (l'informatique, sous contrôle d'organisations publiques ou privées de plus en plus totalitaires). La technoscience ne peut pas être hors-sol, ne serait-ce que parce que 1- il faut des gens et de l'argent et 2- elle doit bien prendre en compte la réalité du monde à toutes les étapes.

    • Des humains, finalement...

    Les scientifiques, techniciens et ingénieurs sont aussi des humains, avec les mêmes faiblesses et forces que tout le monde. Le fait toutefois de participer à une aventure rationnelle aussi puissante qu'est cette technoscience a parfois tendance à les rendre particulièrement arrogants.

    • Et donc...

    Il ne s'agit pas de dire que la technoscience, "c'est mal", bien entendu.
    Il s'agit d'avoir un cadre critique proportionnel à la puissance de l'objet critiqué.

    Les CFC, molécules modestes et à usage très spécifique issues directement de la technoscience ont failli détruire la couche d'ozone qui protège la vie sur cette planète. Heureusement que d'autres scientifiques (non pas spécialistes de la réfrigération mais de la haute atmosphère) s'en sont rendu compte.

    Parmi les milliers de molécules répandues aujourd'hui dans notre Milieu, il n'est pas douteux que certaines finiront par produire plus de dégâts que de bénéfices. On va observer particulièrement les neurotoxiques en agriculture, les nano-particules en vadrouille, les ADN bricolés, etc.

    La science est une belle chose, encore faut-il s'en servir (via la technique) à pas trop mauvais escient.
    A partir du moment où elle est mis en oeuvre pour modifier la réalité, cela nous concerne tou.te.s.
    Nous devenons les cobayes, mais des cobayes capables de réfléchir et de dire éventuellement NON... d'autant que c'est nous en tant que société qui finançons toute l'organisation, qu'elle soit Publique ou Privée.

    Ceci demande de l'éducation scientifique (connaître le plus grand nombre possible des micro-savoirs que la science spécialisée a accumulé sans cohérence au long de l'histoire), de la conscience des limites de l'approche scientifique (réductionnisme/spécialisation/contexte) et des enjeux politiques/économiques (court terme) et écologiques (moyen/long terme).

    Les trois nécessités :

    Modestie des scientifiques (en particulier des mathématiciens et physiciens qui ont tendance à se croire les plus scientifiques de tous, alors que leur seul avantage est qu'ils travaillent à des niveaux de complexités/interactions plus facilement formalisables que les autres) et des techniciens (en particulier des ingénieurs).

    Transdisciplinarité au niveau des sciences.

    Education ouverte et critique des populations.

    Vaste programme.

     

    Lire aussi: Mollesse des sciences dures...

  • L'intelligence ne suffit pas.

    Prenons un exemple.

    Une entreprise fait des bénéfices.

    Que fait-on de cet argent ?

    Les propriétaires de l'entreprise vont dire, intelligemment, qu'ils ont besoin de l'argent pour réinvestir et ainsi soutenir l'économie.

    Les salariés de l'entreprise vont dire, intelligemment, qu'ils ont besoin de l'argent pour acheter plus et ainsi soutenir l'économie.

    Les deux possibilités sont apparemment assez intelligentes, même si le partage (aussi équitable que possible) de ces bénéfices entre les deux serait plus intelligent encore.

    Mais...

    Interviennent les rapports de forces sociaux, résultats d'un ensemble de mécanismes surtout de propagande, qui font qu'aujourd'hui les propriétaires ont l'avantage. Ils ont les moyens de se payer les médias, les "penseurs", les "économistes" pour justifier leur intérêt en le présentant comme le plus intelligent...

    L'intelligence seule, artificielle ou pas, ne suffit pas.

    Elle doit se déployer sur plusieurs niveaux, prenant en compte les intérêts de chaque groupe ET les intérêts de l'ensemble des groupes... comprenant les interactions entre groupes (dont les rapports de forces) etc.

    Et tout ceci concerne bien entendu aussi l'intelligence artificielle: l'intelligence d'accord, mais pour en faire quoi ? Pour défendre quels intérêts ?

     

  • "intelligence" artificielle, OGMs, même combat

    Il est intéressant de voir les similitudes entre ces "technologies".

    La principale étant qu'à partir d'un moment dans l'évolution du "produit" on ne maîtrise plus rien.

    Une IA capable de définir ses propres processus et normes ?

    Un caractère OGM baladeur qui va là où ce n'était pas prévu qu'il aille ?

    Bienvenue dans la planète-laboratoire de tous les délires techno-scientistes.

    A cela ajoutons que les entreprises technologiques, toujours plus puissantes, craignent de moins en moins les "piqûres" des mécontents grâce en particulier à cette directive européenne inique dite du "secret des affaires".

    L'important est désormais de développer toujours plus les méthodes d'endormissement de la clientèle. Aucun doute qu'il y aura des IA pour ça.

  • La "crise" est l'état naturel du capitalisme.

    Allez, un super sujet.

    Le paradis capitaliste: chercher ses fournisseurs les moins chers (forcément: si c'est moins cher, c'est mieux).

    Fournisseurs en électricité, en transports, en communication téléphonique, en nourriture, en distraction. Dans le chaos général de la liberté du renard, des poules, des souris, des chouettes, des lapins, des loups, des hyènes dans le mégasupermarché.

    Il n'y a pas de crise. Il n'y a qu'un chaos global, constant et sans fin, et surtout inhérent à l'organisation économique elle-même. La liberté de choix ? Mais quel choix ?

    Et puis, pendant qu'on cherche le produit le moins cher, au moins on ne fait pas de Politique.

    Garder la tête dans la mangeoire pendant que "le maître" nous fait les poches.

     

  • Le Marché, ce n'est pas la paix.

    Les multiples tensions qui apparaissent en Europe, échos dans un large mesure des difficultés rencontrées sur le reste de la planète, montrent que l'idée d'une zone paradisiaque parce que gouvernée par la concurrence "libre et non faussée" est un peu courte.

    L'économie est évidemment importante et le marché utile mais ce ne sont pas des nouveautés. Le commerce existe depuis des millénaires, or il n'a jamais (ou très rarement ?) empêché les guerres. Cela se saurait, depuis le temps.

    En situation idéale, stable, le marché peut juste fonctionner plus facilement, mais dès que des questions sociales et politiques apparaissent, apparaît aussi la futilité de l'idée pacificatrice de l'économie.

    Le supermarché n'a jamais empêché la pauvreté, l'injustice, la haine... et même parfois il y contribue lorsqu'il est géré à la manière ultralibérale, créant lui-même des problèmes qu'il ne peut résoudre "en interne" comme l'aggravation des inégalités, la compétition hystérique, etc.

    Le marché montre aussi son action délétère au niveau des relations internationales: tel pays qui achète pour plusieurs milliards d'armement, ce qui conduit le vendeur à se retenir lorsque ce client veut jouer avec les droits de la personne, la liberté d'expression...

    La Politique d'abord, l'économie ensuite.

    Et la Politique, c'est la résolution des conflits, laquelle n'intéresse pas du tout l'économie...